Cap ou pas cap, 10 ans après

Dernière mise à jour : juil. 23




Juillet 2011. Je me ré-installe à la Réunion après 9 années de vie parisienne, le cœur en miettes après une rupture amoureuse. Mon métier (agent immobilier) ne m’occupait «qu»’une 30aine d’heures par semaine… il fallait que je me trouve une autre activité. S’occuper pour ne pas penser, s’occuper pour se nourrir l’âme, s’occuper pour oublier.



Dans le catalogue de projets qui habitait ma tête, celui qui me tenait le plus à cœur, celui qui était le plus abouti, était la création d’une boutique de déco. Envie que je nourrissais depuis 7 années déjà. « Soit tu montes ce projet maintenant, soit tu l’oublies définitivement et tu passes à autre chose ».


La technique d’auto-secouage fonctionnant à merveille sur moi, quelques jours plus tard, le local était trouvé, le bail signé, les statuts déposés, le compte en banque ouvert. Terre ambrée était née... enfin sur le papier. Le local nécessitait d’importants travaux, et il me fallait de la marchandise !



12 août 2011. Arrivée à Delhi. Seule, mes économies en poche, le nez au vent, j’arrivais sur le sol indien pour la première fois. Puis, quelques jours plus tard en Thaïlande. Des péripéties, des quiproquos, le choc des cultures, des merveilles, des coups de cœur, des leçons de vie, 3 semaines plus tard, je foulais de nouveau le sol réunionnais, français.


S’en sont suivis des mois de travaux dans le local choisi, de gestion d’importations, de déballages de conteneurs, d’aménagement… J’appris à poser du parquet, à ouvrir des caisses en bois, à m’émerveiller devant mes trouvailles, à pleurer devant la casse, à mettre en place une boutique en partant d’un niveau 0…


1er décembre 2011. 16, rue Félix Guyon. Terre ambrée ouvrit ses portes pour la première fois.



Juillet 2015. Mon local de 52m² auquel j’étais très attaché, une jolie petite boutique à taille humaine, n’était ni plus assez grand ni assez central pour que je puisse développer davantage Terre ambrée. Quelques mois plus tard, je déménageai la boutique dans un local qui correspondait davantage à mes perspectives : 140m² répartis sur 3 niveaux, dans la portion de rue la plus smart de la ville. 14, rue du Maréchal Leclerc, une belle opportunité.




Partir pour ne pas être condamné


Novembre 2018. La crise des gilets jaunes frappa de plein fouet l’économie de l’île et le quartier dans lequel j’étais en était un parfait témoin. Plusieurs commerces voisins fermèrent leurs portes définitivement. N’ayant pas la prétention de croire que je dynamiserai le quartier seule, et ayant peur d’être la prochaine sur la liste, je décidai de déménager une nouvelle fois, pour un quartier moins sinistré. Hors de question que l’histoire de Terre ambrée s’arrête là, quelques mois ou années plus tard. Je mis en vente mon pas de porte, trouvai un acquéreur rapidement. Le local que je visais ne déboucha pas sur une location.


Me voilà sans local, avec les collections des fêtes en cours de fabrication, un certain 15 octobre 2019. Aucune forme de stress (bizarrement), mais un immense sentiment de liberté : plus de local, plus de staff, plus de gestion, plus de fil à la patte. J’étais libre, et savais que cette liberté serait éphémère. Alors je m’en nourrissais.


Novembre 2019. Toujours pas de local en vue, mais le 40 pieds s’approchait de l’île ainsi que mes groupages de Thaïlande, de Bali et du Maroc… petite montée d’angoisse, mais qu’allais-je donc faire avec tout ça ?


Gasparin, une maison, plusieurs possibilités


La vie avait mis sur mon chemin quelques années plus tôt, une très chouette maison créole typique, correspondant tout à fait à l’esprit Terre ambrée, située en plein centre-ville de Saint-Denis, Gasparin. Sur les conseils de mes amis qui n’y voyaient pas qu’un potentiel de lieu de vie, je décidai d’y faire un espace showroom pour les fêtes. Le concept était tendance en métropole, ça ne m’engageait pas et je n’avais rien à perdre à essayer. En 10 jours : déménagement de mes effets personnels de certaines parties de la maison, la verrière et la longère, réception du 40 pieds et des groupages, déballage, mise en place et lancement de la vente éphémère autour d’un cocktail. Fort engouement des clients pour ce nouveau concept.





En parallèle, je commençais à faire réellement vivre mon site internet créé quelques années plus tôt. Et je lançai une 2nde vente éphémère.


La vente en ligne, l'avenir de Terre ambrée


Mars 2020. Le confinement. Quelle aubaine pour mettre en place ma stratégie de digital marketing à laquelle je songeais depuis des mois ! Moi qui ai toujours le sentiment d’avoir 3 trains de retard, j’allais enfin pouvoir gagner du temps puisque le monde s’était arrêté.

La 1ère semaine, ce fut des lectures d’articles de blog jusqu’à pas d’heure pour me former, puis les suivantes : la création de ma stratégie de digital marketing et enfin sa mise en place.