Comment chiner un meuble ancien en Inde?


Dénicher des meubles anciens en Inde n’est pas de tout repos. En effet, pour ce faire, il faudra abattre des kilomètres, savoir expliquer le style qu’on recherche et enfin savoir identifier les pièces anciennes des pièces récentes.


Vous me suivez ?

C’est lors de mon 2nd séjour en Inde, que je décide de me rendre à Jodhpur. Précédemment, j’avais fait mes premiers achats à Jaïpur : linge de maison, tapis, objets déco et quelques meubles. Mais mes fournisseurs m’avaient expliqué que si je voulais acheter des meubles anciens en plus grande quantité, je devais me rendre à Jodhpur.


Jodhpur, c’est la ville bleue, cette ville qui s’est construite au pied du fort Mehrangarh, une merveille architecturale et le old Jodhpur est à son image.


Welcome to India, jeune européenne…


J’avais réservé un hôtel basique, qui me garantissait jardin, donc terrasse pour les repas, propreté et confort de la modernité. Echec.


Basique, oui, à tel point qu’il était assez mal entretenu. Mais ça les photos ne le disent pas… Je n’entendais pas cela par le mot basique en réservant mais enfin… Les terrasses, je n’y ai jamais été. Et puis, dès le check-in, je savais que mon séjour ici serait particulier… Un 1er puis un 2nd réceptionniste et enfin le manager de la réception m’ont tour à tour demandé « délicatement » si quelqu’un m’accompagnait. Comme indiqué sur ma résa, j’étais seule, mais cela semblait ne pas correspondre aux mœurs locales. Comment une jeune femme de 28 ans pouvait-elle voyager seule ? Me sentant épiée, j’ai pris l’option room service durant tout mon séjour. Donc les terrasses, je ne les ai vues que sur Booking ! Et le « not spicy », ils ne connaissent pas. Même les pâtes napolitaines étaient pimentées… Donc vous me direz, pour manger des naans, finalement, inutile d’aller s’attabler au restaurant de l’hôtel…

Note pour plus tard : le basique n’est pas international !


Pour bien savoir ce qu’on cherche, s’imprégner de l’environnement


Le lendemain. 10h. Parking de l’hôtel. Mon chauffeur m’attend. Je souhaite d’abord prendre le poumon de la ville. Comment acheter dans un endroit que je ne connais pas ? Découvrir son cœur, c’est s’imprégner de sa culture et voir ce qu’elle a à vous offrir. Le old Jodhpur me séduit dès les premiers mètres. On pénètre dans la vieille ville comme dans une enceinte. La place principale est celle de la Clock Tower. Elle y accueille un marché sédentaire où on trouve de tout : des épices, des bracelets par centaines, (vous savez ces bracelets aux milles couleurs, milles brillants, ceux dont on a envie de se remplir les bras), des fruits, des rotis, des vêtements. Il n’y a que des locaux. La chaussée est à tout le monde : les tuktuks croisent les passants, les enfants jouent autour des charrettes traînées par des chameaux, les marchands ambulants côtoient les barbiers de rue, … une règle dans ce désordre organisé : personne ne parle. Si vous parlez, on ne vous entend pas. Il faut crier. Une ambiance incomparable. Séduisante et revigorante.


Me voila imprégnée, que dis-je séduite.



Acheter des meubles anciens oui, mais où ?


Nous nous dirigeons ensuite dans le quartier des showrooms. Le showroom est cet espace d’expo pour les très grosses sociétés qui sont dans l’artisanat en Inde. Le but est de vendre aux touristes et d’hameçonner les « acheteurs » (client professionnel pour l’achat en gros). J’en visite quelques-uns. Essaie de trouver le juste milieu entre indifférence et intérêt. J’ai bien conscience que ma féminité, mon âge et ma « solitude » ne me donnent aucune crédibilité. Au mieux, pour eux, je suis une touriste. Et s’il y a bien quelque chose d’ingérable pour un acheteur c’est d’être assimilé à un touriste. Ce ne sont clairement pas les mêmes portes qui s’ouvrent. En tout cas, celles dont vous ne voulez pas, celles qui vont vous mener nulle part, pire qui vont faire capoter votre plan de sourcing. Car une fois qu’un fournisseur (enfin ses managers) vous ont catalogué, extrêmement compliqué de revenir en arrière. Lorsque vous tentez de les convaincre que vous êtes acheteur, eux pensent que vous voulez « bargainez » (négocier mais en anglais, en Inde, ça prend un autre sens) en tentant d’obtenir des prix fournisseurs qui ne sont pas faits pour vous.


Step 1 : la découverte des showrooms, oui mais est-ce la bonne voie ?


Tout un programme. Une vraie stratégie à mettre en place. J’arpente donc les allées des showrooms, ce qui me permet de faire une étude de marché rapide de ce qu’ils proposent : du neuf et des pièces anciennes. Dans le neuf, vous avez toutes sortes de styles : copies Louis XVI, industriel, shabby chic, recyclé, indian style, … Dans l’ancien, là encore plusieurs styles, mais c’est déjà nettement plus dépaysant… on fait le tour de l’Inde dans ces showrooms.


Vous avez des meubles d’hôtel, des portes de demeures dont le style varie selon leur provenance, des meubles de boutiques, des meubles « compagnie des Indes », donc bien plus anciens, des meubles style « bateau », … un plaisir des yeux et de l’âme car on s’imagine faire le tour de l’Inde rien qu’en les regardant. Certaines pièces sont en bon état, d’autres moins. Certaines sont non identifiables pour une européenne comme moi mais je me garde bien de le dire, et oui je ne veux pas être la touriste.



Montrer son intérêt mais de façon mesurée. Même si mon cœur me donne envie de crier ma joie. Quelle plus grande excitation pour un acheteur que d’avoir des coups de cœur ? Mais je dois rester silencieuse et le visage figé, j’ai un rôle à jouer.


Une fois le tour des showrooms effectué, la bouche quasiment cousue, je rentre à l’hôtel. L’excitation est à son apogée. Je refais défiler dans ma tête les images des différents showrooms, agrafe dans mon carnet les différentes cartes de visite, les annote, réfléchis. Les coups de cœur, nombreux, me reviennent comme des flashs et ils se disputent tous la 1ère place. Je dois faire le tri et bien les réattribuer au showroom correspondant.


Alors évidemment, il n’y a pas que des merveilles dans tous les showrooms. L’offre n’est pas la même partout. Fort heureusement, car il en faut pour tous les goûts. Ca aide à faire son choix…


1ère sélection faite. Demain, j’y retourne mais je dois commencer un peu à me découvrir.


Step 2 : comment approcher les managers ?


Je reviens le lendemain dans 3 showrooms. Je n’ai pas beaucoup de temps. Même si en Inde, on a le sentiment que le temps s’est arrêté, ce n’est malheureusement pas le cas… et je ne sais pas comment les choses vont se dérouler. Ils ont du stock, plus que ce qu’ils ont ici, c’est certain, d’où le concept du showroom, mais où, quand le voir, combien de temps cela va me prendre, je n’en ai aucune idée. Je ne connais absolument personne qui fait mon métier, enfin mon nouveau métier que je tente d’apprendre pour me l’approprier. Je n’ai donc aucun repère. Je vais essayer de me la jouer fine.


Je foule le sol de celui qui me plait le moins des 3. Et oui, autant faire ses armes sur celui par lequel on accepterait plus facilement de se prendre un « râteau ». Le manager n’est pas à l’entrée, mais ses « assistants » sont là, me reconnaissent, s’activent pour aller le chercher. En parallèle, ils allument à la hâte les différentes pièces, les ventilateurs et m’apportent une bouteille d’eau et un Chai tea (recette à découvrir ici https://www.terreambree.fr/blog/la-recette-du-chai-tea-2020/#more-9609) . Ce n’est pas un traitement de faveur, c’est le même pour tout le monde. L’Inde est très accueillante.


Le manager arrive d’un pas nonchalant, me toise du regard, et me suit. Autant vous dire que c’est à ce moment là que se joue mon étiquette touriste ou acheteur. Lui, évidemment, penche pour celle de touriste. A mi-parcours, je lui pose une question sur un meuble qui m’intéresse. Puis quelques minutes plus tard, une question sur un autre meuble et lui demande s’il a d’autres pièces du même style. « Oui ». Sa réponse est un oui accompagné d’un regard dubitatif. J’avance en feignant de le semer afin de lui montrer du désintérêt. Je m’adapte à son attitude. Chacun doit marquer son territoire, c’est le jeu.


Puis, il finit par me demander les raisons de mon intérêt pour leurs meubles. Je lui réponds. « I am a buyer, I buy for my shop which is in France » (à lire avec un accent médiocre) – ce n’est pas exactement géographiquement la vérité, car pour eux, la France, c’est Paris, mais l’inconnu fait perdre en crédibilité, alors je ne vais pas me la jouer petite réunionnaise fière de son île - . Il a l’air septique mais moins qu’initialement. La France, un pays qui donne confiance. Et finit après un échange, volontairement bref de ma part, par me dire que je devrai aller visiter leur « usine » et rencontrer le « propriétaire ». Nous y voilà. J’ai passé la frontière.


Je réponds positivement, sans expression, bien que je vous laisse imaginer que mon cœur fait des bons. Il insiste pour que cela se fasse maintenant, comme s’il venait de réaliser quelque chose. Les rôles se précisent. Les choses d’accélèrent. Je suis attendue à l’usine et je dois y aller « right now ». Jeu set et match.


Step 3 : L’aventure se poursuit, dans les « usines »


Shyam, mon chauffeur, et moi, reprenons la voiture et nous faisons guider par l’un des assistants du manager jusqu’à l’usine. Elle est très éloignée du showroom. 45 min environ, sans embouteillages. Je vois du paysage, enfin je découvre l’Inde. L’Inde profonde. On traverse tout d’abord des quartiers huppés, l’immobilier est en plein boom ici. Puis, ce sont des lignes de petits bâtiments délabrés qui défilent sous mes yeux. De temps en temps, un chameau, régulièrement des vaches sur le bas-côté ou au milieu de la chaussée. Nous les contournons. Ici les animaux sont sacrés. Et parfois, absorbée dans mes pensées, je suis ramenée brusquement à la réalité par un dérapage de notre voiture… je m’interroge toujours sur les critères d’obtention du permis en Inde !


Nous empruntons un labyrinthe de chemins de terre. Défilent de grandes « propriétés » fermées par d’immenses portails. Sont disposées devant leurs murs d’enceinte des portes, des vieilles charrues, de veilles statues, … afin de montrer ce que ces « companies » ont à vendre. La voiture de l’assistant s’arrête tout à coup devant l’un d’entre eux. Le garde valide notre entrée dans les lieux. On m’accueille directement dans le bureau du big boss. Un chai tea et une bouteille d’eau me sont offerts. Et là Raj me questionne sur ma venue en Inde de façon délicate.


Je n’ai plus du tout le même style d’interlocuteur. Néanmoins, j’ai tout à prouver. Je lui explique que je suis acheteur de meubles anciens pour ma boutique mais que je n’ai pas la prétention d’acheter un contenair plein, commençant à me rendre compte de la dimension de leur structure… il me répond que tous les clients sont à prendre en considération. Je sens qu’il n’est pas convaincu à 100% que j’achète pour ma boutique, ni que j’en ai une, bien qu’il se rende compte que je ne viens pas non plus pour 3 meubles. Il me propose d’arpenter les allées de l’usine, de montrer à ses "salers" ce que j’aime, qu’ils en prendront des photos et m’établirons une grille de prix.


Me voilà parcourant les allées de leurs différents bâtiments de plusieurs centaines de mètres carrés, avec l’âme d’une chasseuse. Les meubles sont empilés sur 3 niveaux. Les allées font 1 mètre de large environ. La température avoisine les 45° C, pas de ventilation, même naturelle. Mais j’en prends plein les yeux. Mon bonheur est entier.


Quelques heures plus tard, après 2L d’eau et 4 chai teas, je patiente dans le bureau des salers pour qu’ils m’éditent le fichier des prix. Il est 18h00, je rentre à l’hôtel l’étudier.


Le lendemain, gonflée par cette 1ère expérience, je poursuis mes recherches. J’enchaîne le 2nd showroom. Même déroulé.


Puis le 3ème, le surlendemain. Celui que je visais avec le plus d’intérêt. Et là ma surprise est d’autant plus importante. Ce ne sont pas 4 ou 5 bâtiments pleins à craquer de meubles mais plutôt près du triple, voire du quadruple. Tout ne m’intéresse pas bien sûr mais c’est impressionnant. Ikea Roissy, est une boutique de quartier à côté. Et puis, pour savoir que certaines choses ne m’intéressent pas, il faut toutes les voir… là ca n’a pas été une journée mais 2, et en accélérant le pas. Mon temps en Inde était compté.


Coup de cœur pour ce fournisseur qui a la plus belle offre de meubles anciens. Coup de cœur également pour leur histoire. C’est une fratrie de 4 jeunes hommes qui gèrent la société avec leur père, qui en est le fondateur. Chacun a son portefeuille clients.


Moi je suis attribuée à Vicky, le 3ème des frères. Discret mais charismatique, il est encore plus délicat que les autres fournisseurs. Il m’accueille dans son bureau. Immense, sobre, décoré avec goût. De très belles pièces anciennes sont nonchalamment posées ici et là. Rien n’est du fait du par hasard. Que des coups de cœur.


Je me sens toute petite. Vicky, m’observe, me pose quelques questions, montre un vrai intérêt pour mon « parcours ». Je sens qu’il est à la fois interloqué et amusé. On se parle avec les mots mais avant tout avec le regard. Observe l’autre et tu sauras ce qu’il veut te dire, ne le regarde pas avec les yeux, mais avec ton âme. C’est ce que l’Inde m’a appris.


Je perçois ses interrogations intérieures. Jeune femme de 28 ans, (mais pas maquillée j’en parais 22, surtout avec le combo jean/tee shirt), seule, à la tête d’indienne, mais française, qui dit venir acheter pour sa boutique, qui est à la Réunion. Ouhlala ! On échange quelques mots sur moi, le reste se dit avec le regard. Sur eux, je n’osais pas. Comment poser des questions à quelqu’un qui tient un empire sans prendre le risque de faire des boulettes ?


Bien qu’il me donne toute la place que je pourrai souhaiter avoir, je préfère être discrète, peu présente. Son attitude reflète des valeurs fortes. Mais je choisis cette carapace pour me faufiler aisément en Inde, car pour eux j’ai des handicapes, dont j’ai conscience. Je reste une femme et même si Vicky semble être un OVNI de par les valeurs qu’il me fait ressentir, je préfère ne pas trop me livrer, et choisis de me préserver. Le but est que je puisse acheter mes coups de cœur, et là il est en phase d’être atteint. Je dois m’y tenir, même si ma curiosité a été attisée.


Step 4 : chiner des meubles anciens, oui mais quel style ?


Chiner est un mot qui fait rêver… tout le monde parle de chine et en rêve plus encore. Néanmoins, en Inde, comme dans le reste de l’Asie d’ailleurs, il y a beaucoup de copies. Vous me direz quel est l’intérêt de copier des meubles qui ont quelques décennies ? L’idée n’est pas nécessairement de les copier mais de les fabriquer avec du bois récent pour en changer légèrement le style, ou réadapter des pièces anciennes sur des meubles neufs mais vieillis, pour qu’ils fassent plus neufs. Bon je sais tout ça a l’air bizarre. Si le goût se partage, c’est qu’ils sont nombreux, et donc différents ! Et que le goût ne s’explique pas !

Evidemment, moi je n’aime que l’ancien. Le choix est pléthorique. Mais je ne veux pas faire ce que font déjà les autres boutiques. Elles le font très bien, alors chacune son marché.

Mon regard s’attarde essentiellement sur les meubles de boutique. Il s’agit de meubles vitrés ayant servis de vitrines et de comptoirs dans les petites échoppes indiennes. Ils racontent tous une histoire… des meubles d’herboristerie, ceux de bijoutiers, ils avaient tous pour objectif de mettre en valeur ce qui y était exposé. Là encore, plusieurs styles, moi, j’aime ceux dont les lignes sont épurées. Ce style qui mélange bois exotique et style vaguement français.


La déco que je souhaite impulser, c’est « tout peut être mis en valeur, même l’intérieur de vos placards ». Evidemment cela implique un peu de discipline pour le rangement. Néanmoins, le résultat est toujours beau, sobre et c’est le reflet des intérieurs qui vivent. Et ça vous donne plus envie encore de collectionner de jolis verres, d’avoir du joli linge de maison, de faire des vitrines de vases ou de boîtes à thé qui sont si jolies, plutôt que de les enfermer dans un placard… ils méritent d’être exposés ».


Mais il faut savoir choisir les meubles. Certains ont 20 ans d’autres 80. Leur âge en soi n’est pas un critère déterminant mais bien souvent il reflète la qualité des finitions. Et n’est-il pas séduisant d’avoir un meuble avec des impacts, une patine du temps ?


Step 5 : Comment différencier un meuble ancien indien d’une copie ?


Première chose : le bois. Les meubles récents sont en manguier généralement vs les meubles anciens qui sont en teck. Mais parfois les meubles récents peuvent être fabriqués avec du bois qui lui est ancien… et là la tâche est plus complexe. La patine du meuble vous aiguillera. Si celle-ci semble régulière, une couleur « fraîche/défraîchie » avec du papier de verre ou si les sculptures du meuble/leurs angles sont plus grossiers… alors c’est que c’est de la copie.


Astuce : en cas de doute persistant, regardez le dessous du meuble. Celui-ci est généralement non repeint, non re-ciré quand la pièce est récente. Evidemment si le meuble est parfaitement lisse, sans défaut, c’est qu’il y a un souci. Impossible d’avoir une pièce qui a eu plusieurs vies et qui en ressorte sans stigmate…

Et puis, votre œil s’aiguise au fur et à mesure.


Quid de ces deux meubles ?

Du neuf…. Le banc bleu, très très mal imité, patine grossière, et la table, bien imitée mais ses pieds la trahissent…


Step 6 : chiner en Inde c’est apprendre leurs us et coutumes, bonnes ou mauvaises…


Cela fait 7 ans maintenant que je travaille avec Vicky. J’ai appris à le connaître au fil du temps et mes premières impressions à son sujet se sont confirmées. Néanmoins, on ne gère pas un empire à 5 alors il doit déléguer et c’est à ce niveau-là que tout n’a pas toujours suivi. Notre travail en commun a été semé d’embuches car l’Inde est un poème. Nous n’avons pas nécessairement les mêmes visions des choses, les mêmes priorités. J’ai stoppé notre collaboration pendant 2 ans. Ils avaient envoyé le contenair avec du retard et certaines pièces avaient été remplacées. Rage, colère, stress car dépotage un 6 décembre au lieu d’un 6 novembre. Je vous laisse imaginer mon angoisse.


Pour exporter, vous avez différents interlocuteurs : les fournisseurs, le transitaire, la compagnie maritime. Personne n’est jamais sur la même longueur d’ondes et tout le monde responsabilise le voisin. Vous devez vous faire votre propre idée des choses, sauf qu’à coup de 30 mails/jour, vous finissez par estimer que tout le monde fait mal son job et vous vous accrochez à votre unique but : recevoir votre marchandise. Vous manœuvrez, les confrontez par des groupes whatsapp. L’heure des comptes arrivera plus tard. Et à ce moment-là, aucune envie de compter les points, vous bazardez tout le monde car votre sentiment de peur de ne pas avoir votre marchandise pour les fêtes et de ne pas l’avoir tout court, vous est resté.


Je ne voulais pas d’explications.


2 ans plus tard, je suis revenue vers Vicky. Je n’étais plus dans la posture de la petite jeune de 28 ans qui devait gagner en crédibilité. Et pendant ces 2 années, j’ai mieux appris/compris l’Inde. J’ai gagné en souplesse. Nous avons mis les choses à plat. J’ai accepté, dans ma tête, que tout ne serait jamais parfait et que je devais m’adapter à leur fonctionnement sans tout laisser passer de la même façon qu’ils devaient certainement s’adapter à moi. Une certaine régularité s’est installée. J’ai appris les ficelles de la gestion des exportations en Inde, un sacerdoce (enfin, j’en apprends encore.). Mais il faut bien des points négatifs à mon métier.


Une amitié est née. Cette photo est également le témoignage de l’hospitalité indienne. Un déjeuner fully vegan (la famille de Vicky est jain) préparé pour une de mes « virées shopping » dans leur usine. Not Spicy, obviously. La réunionnaise que je suis ne mange toujours pas de piment ! Quoi de mieux que de découvrir l’Inde en dehors des sentiers battus ?


Nos cultures sont radicalement différentes, à tous niveaux. Mais l’Inde a tant à offrir. L’Inde m’a changée. En bien. Et c’est un cadeau qu’elle m’a fait. Alors, je me dois d’accepter et de composer avec ce qui ne me convient pas. Welcome to India.


J’espère que mon épopée indienne sur la chine des meubles anciens vous a plu, que vous avez eu l’impression de vivre cette aventure en lisant mes mots. Merci en tout cas pour votre attention et n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires auxquels je répondrai avec plaisir.


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A bientôt,

Sophie

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